Le marché de l'emploi

Le premier constat fait par la plupart des entreprises qui souhaitent développer le recrutement de travailleurs handicapés est souvent : « Où sont les candidats ? Personne ne répond à nos offres. » Le paradoxe entre une pénurie de candidatures et un taux de chômage deux fois supérieur à la moyenne nationale est difficile à comprendre.

Même si leur taux de chômage est plus élevé, le nombre des demandeurs d’emploi handicapés est toutefois bien moins important que celui des demandeurs d’emploi ordinaires : presque 9 fois moindre avec environ 240 000 personnes en France (source Agefiph 2007).

Par ailleurs, le parcours professionnel d’une personne handicapée peut ne pas être linéaire. Dans 85 % des cas, le handicap est survenu au cours de la vie. Les trois premières causes de handicap sont le vieillissement de la population, les maladies et accidents de la vie et les accidents du travail et maladies professionnelles. 

Les personnes les plus exposées sont celles exerçant des métiers peu qualifiés comportant une forte exposition aux risques : métiers du bâtiment, de l’industrie. C’est pourquoi la moyenne d’âge des demandeurs d’emploi handicapés est plus élevée que celle des demandeurs d’emploi ordinaires : en moyenne entre 40 et 45 ans. Cela explique aussi en partie le fait que les demandeurs d’emploi handicapés soient majoritairement moins diplômés. Plus de 81 % d’entre eux ont un niveau de formation inférieur au bac (contre 58 % pour l’ensemble de la population). 

De plus, en France, chaque année, à peine 2 000 étudiants handicapés sortent diplômés avec un niveau bac + 2. Enfin, notamment par crainte de retombée sur leur évolution professionnelle, les cadres sont la catégorie de salariés qui déclare le moins leur situation de handicap.

On sait que les demandeurs d’emploi handicapés sont majoritairement au chômage depuis longtemps, souvent plus de 12 mois. Cela tient à plusieurs facteurs : âge, niveau de qualification inférieur, conséquences du handicap qui rendent plus difficiles la recherche d’emploi et le recrutement. Par exemple, en cas de perte d’emploi liée à une inaptitude, il faut généralement au moins 2 ans entre l’inaptitude déclarée par le médecin du travail et le retour à l’emploi avec une reconnaissance de handicap, en passant par une formation professionnelle.

En résumé, les personnes handicapées en recherche d’emploi sont statistiquement plus âgées, moins qualifiées et sujettes à des périodes de chômage plus longues que la moyenne de la population en recherche d’emploi.